La psychologie de l'art

  La psychologie au service de l'art plastique.

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La psychanalyse de la toile

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L’artiste peut penser de deux façons: à l’aide de coups de pinceaux,et à l’aide de représentations mentales; c'est-à-dire d’images. La pensée par images est la plus primitive, la plus archaïque: elle existe chez les animaux évolués; elle est présente chez le bébé avant qu’il ne sache parler; et, quand les mots viennent à manquer à l’adulte, c’est à l’aide d’image qu’il exprime sa pensée, en ayant recours soit à des exemples concrets, soit à des symboles, à des images sensorielles qui en disent long: « j’étais heureux comme un poisson dans l’eau » par exemple .

La toile est à la pensée par image ce que l’écriture est à la parole, c'est-à-dire sa matérialisation sur une surface. Cette matérialisation lui assure une permanence « les paroles passent les écrits restent » qui en facilite l’étude.

L’écriture et le dessin entretiennent entre eux des liens étroits: on illustre un texte, mais on donne aussi une «  légende », à une. Comme l’écriture, le dessin est un moyen de communication mais il a sur l’écriture, divers avantages.

Je tente de présenter  l’interprétation des toiles d'artistes, d’enfants... Cette étude complète permettra d’en révéler leur sens et............ aussi  la personnalité de l'artiste.

 

N'hésitez pas à me soumettre vos toiles.

 


  Analyse de l'oeuvre de l'artiste peintre:           

 Interprétation de la première toile " L’image de la femme".

 

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Cette  toile avec des couleurs harmonisées en fonction du thème dénote un penchant au beau dans le sens spirituel du terme mais également une tendance de l’artiste à la recherche de l’esthétique exprimée par les formes fines du visage, du corps dont le décolleté reste perceptible malgré le sens de la pudeur qui l’a incité à esquisser un col en guise de camouflage timide de la poitrine et des épaules par un teint dont la nuance se rapproche  de celui de la peau
On note toutefois une certaine froideur qu’inspirent les tons des couleurs choisies et un fond dont le mélange des teints semble vouloir donner l’impression de la réverbération d’une faible lumière qui accentue la froideur et évoque l’indifférence
Une indifférence que l’on retrouve dans l’expression du visage, le regard vague malgré la perfection des traits des contours, des paupières et sourcils. Une indifférence qui tend toutefois vers la nostalgie
La finesse du nez renforce la quête de l’esthétique ainsi que l’esquisse presque parfaite de la bouche sans expression précise, or la couleur du rouge à lèvres aussi vive reflète une sensualité évidente.
Une sensualité que l’on retrouve dans la posture, dans la forme de la robe dévoilant des bras et un cou  en harmonie avec la suavité du corps.
La coupe des cheveux très soignée à la manière ancienne et élégante dégage un front fuyant dont la plasticité soignée évoque la jeunesse
La rousseur à la couleur du henné sied à l’allure gracieuse du personnage mais donne un air d’antan bien différent du contemporain
Seule la main gauche semble vouloir effectuer une expression gestuelle peu cohérente que l’on peut attribuer à un croisement des doigts que la superstition incite pour conjurer un mauvais sort et faire des vœux fervents pour la réalisation d’un dessein qui tient à cœur .
Sur le plan actif l’artiste démontre une structuration temporo spatiale très affirmée, confirmée par l’espace occupé par le portrait par rapport à la dimension de la toile. La dextérité dans l’usage  des instruments est également évidente par la subtilité des traits et l’application du matériau. Ceci dénote une certaine aisance dans la réalisation de son inspiration.
L’interprétation psychologique en relation exclusive avec cette œuvre révèle une personnalité sensible avec une certaine tendance à la réserve à la pudeur et à la timidité
Cette toile démontre chez l’artiste une recherche affective perdue ou convoitée. L’expression donnée au personnage peut expliquer soit un amour à sens unique dont l’indifférence esquissée est exprimée ici comme propre ressenti de l’artiste, soit un sentiment de nostalgie  d’une affection perdue.
La position de la main gauche malgré le caractère superstitieux peut indiquer un espoir, une prière ou une pensée. La superstition bien qu’elle soit fortement réfutée, reste toujours enfouie dans l’inconscient par la force de l’éducation et des croyances.

Mostafa Massid

 

 

Témoignage de l'artiste:

Bonjour Si Mostafa
Je suis épaté par cette analyse, votre observation est plus précise que la mienne, elle m’éclaire d’avantage sur mon être.
Cela rejoint ce que j’écris toujours dans mes articles : que mon art a parfois, d’un penseur, d’un philosophe, d’un poète pour rester dans sa cohérence.
Dans mon autocritique : je me vois observateur assidu, essayant de traduire ce que j’ai absorbé volontairement et involontairement, je m’efforce de le faire quand je ne trouve pas les mots …
Cette toile j’ai commencé à la réaliser en 1992, lentement et sans hâte, comme toutes mes toiles d’ailleurs. En ce temps là j’étais aussi inhabile et incertain mais je prenais le temps de me faire.
Ce qui est marquant et vous avez raison, le comment peindre la sensualité féminine, sa grâce en restant dans la pudeur et le respect de la femme, il m’arrive de vouloir en ajouter, mais le subconscient doit bloquer cet élan, qui est refoulé par la bonne conduite, la pudeur, et le respect de nos croyances respectueuses…ou la nudité serait contraire à nos mœurs .
J’ai pu exposer cette toile en 2007 à ‘’Alger capitale de la culture arabe’’ sans aucune critique , personne n’a pu dire que c’étais osé ( pensez que j’ai su montrer la sensualité, la féminité  sans atteindre la nudité ?)
 
 

 
 
Interprétation de la deuxième toile:

''Style images imbriquées'' .
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En contemplant cette toile, l’idée qui me vient est ce débat entre les deux grands penseurs et philosophes de l’ère de la renaissance en littérature française

Faire du disciple une tête bien faite ou une tête bien pleine ? Dans ce débat les érudits faisaient allusion au savoir et à la connaissance

Or ce que je perçois dans cette toile est une tête bien pleine cette fois-ci, la tête dans le sens de l’esprit, de la psyché.

Une tête difforme soutenue par une main dont on entrevoit des doigts dont l’annulaire et l’auriculaire sont perceptibles comme tels, alors que et le majeur et l’index sont dans une confusion où la forme est disproportionnée et donne une perception de l’index sous forme d’un corps dont la tête et le visage sont visibles supportés par une corpulence disharmonique et frêle, mettant toutefois en exergue un ventre bombé ou cambré avec un nombril esquissé timidement mais observé. Le visage quant à lui fait un effet optique d’images imbriquées.                                                                          

Au deuxième plan une image exprimant un front fuyant avec les arcades des sourcils saillantes, un nez retroussé, une paupière somnolente mi-close,  une bouche fermée aux lèvres charnues et un menton volumineux et saillant. 

Au premier plan, l’image montre un front minuscule presque occupé par une paupière grossière, mi-close. Le nez est infime, la bouche béante et le menton carré

Les deux images laissent remarquer un occiput avec un milieu en retrait mettant en évidence une base énorme comme enflée.

L’effet optique ne change en rien l’expression d’un personnage, rêveur, pensif ou accablé.

Je me réfère au grand Monsieur Jean de La Fontaine dans sa fable si pleine de bon sens‘’ le lion et le moucheron’’ pour commenter la pertinence de l’artiste à avoir placé ce semblant d’insecte, abeille, mouche ou ‘’ moucheron’’ au niveau de la tempe en exerçant un double effet. L’un en faisant d’une patte le trait des cils des paupières mi-closes ; et l’autre d’une tourmente ! La tempe n’a-t-elle pas été depuis tous les temps considérée comme le siège de la pensée ? Cette idée consciente ou non montre la pespicacité de l’artiste pour exprimer un parasite de l’esprit incarné par l’insecte.

Cette abondance de pensées ou d’idées est fortement traduite par la multitude de motifs esquissés par ci et par là, qui se cumulent et se bousculent au sommet du crâne comme pour tenter une émergence. En bas de l’arrière du crâne un anneau qui ressemble plus à un point d’interrogation renversé à l’horizontale avec le bout qui sort et indique la longue et étroite gravure composée de formes géométriques dominées par les traits, rectangles et triangles dont les couleurs alternent le froid et le chaud. Le tout encadré par la couleur de la terre sombre, humide et fertile. Ce cadre étroit dont les formes qu’il contient, ressemblent tantôt à des talismans, tantôt à des haies et clôtures, et aboutit en haut à une espèce de fenêtre fermée par un semblant de vitrage style gothique multicolore dans toutes les nuances dont les dessins conservent une allusion aux amulettes et signes totémiques. L’ensemble griffonné de marques blanches représentant, l’ancien, l’antique, l’usé.

Sur un fond dont  le teint est plus estompé que celui du visage, un ton qui exprime une ouverture pour montrer les différents éléments remplissant l’esprit, on constate une forme d’oreille avec une cochlée ornée de couleurs printanières, pétales et feuilles tel un son d’espoir ramené de l’extérieur par ce teint bleu clair sous une forme de coupe large et bombée à la base, égorgée au milieu et évasée en haut avec une courbe annonçant un signe d’ouverture

A l’arrière du crâne on retrouve la reproduction d’un cadre avec les mêmes formes symboliques et l’encadrement couleur de terre fertile. Le tableau est sciemment placé devant deux bulles en couleur de chair, pis ou mamelles, en tout cas la couleur rosace donne cette impression de chair fine. Cependant l’effet optique permet d’intercepter une image imbriquée constituée par la coupe citée plus haut dont la courbe cette fois ci peut révéler une lèvre d’une bouche ouverte dans un visage incomplet. Les bulles selon cette seconde perception représenteraient une chevelure pendante sur le dos sous laquelle on peut distinguer un buste fin prolongé de hanches saillies. Le tout évoquant une féminité sensuelle occupant discrètement mais largement l’esprit où se mêlent le contour du crâne et la face gauche du visage

La féminité est encore abordée juste contre le cou de la précédente, représentée par une tête d’une rougeur symbolisant un désir ardent, légèrement relevée, un geste de convoitise vers ce qui est esquissé pudiquement et discrètement dans la forme du phallus avec tous ses organes, sous  le début d’un buste de mâle robuste, signe de virilité. La couleur verte au-dessus des cheveux de la femme et derrière le corps masculin, symbolise l'espoir et la sève universelle qui donne la naissance et la vie. Un espoir symbolisé par une fenêtre encastrée dans le vert et entrouverte faisant apparaitre une lueurtamisée.                                                                                                                                                  

Juste au-dessous, au sommet du crâne apparait une forme ovale d’un léger violet avec une nuance de brillance accordée par des empreintes de bleu clair. Chez les bouddhistes il s’agit du septième chakra, centre d’énergie qui vibre à cette même couleur et qui symbolise la sagesse

Enfin à l’extrême gauche, un arrière-plan peint de couleurs sombres pour mettre en avant l’essentiel de l’inspiration, l’artiste reproduit encore des formes, cette fois-ci, un semblant de flèche ciblant une sorte de récipient d’où émanent des lignes brisées entremêlées d’un rouge contourné de lueur claire comme un faisceau attisé symbole de chaleur ardente. Encore une fois le griffonnage en blanc signe d’éraflures indiquant l’ancien ou même le précaire domine cette partie de la planche

Conclusion

Pour tenter de traduire l’état d’âme de l’artiste qui prédominait son inspiration pendant la réalisation de cette toile je reviens à la fable du lion et du moucheron. La morale de la fable est :

Quelle chose par là nous peut être enseignée ?
J'en vois deux, dont l'une est qu'entre nos ennemis
Les plus à craindre sont souvent les plus petits ;
L'autre, qu'aux grands périls tel a pu se soustraire,
Qui périt pour la moindre affaire.

Cette peinture exprime en effet le tiraillement dont peut être sujet tout individu à certains moments de la vie. Un tiraillement entre ce que nos pulsions nous réclament et ce que notre éducation et croyances interdisent.

Ce tableau reflète en effet une passion presque dévorante pour la sensualité et la volupté que représente la féminité provocatrice à l’instar du moucheron. Certains y succombent et sont donc en désaccord avec leurs principes et valeur. ‘’ Qui périt pour la moindre affaire’’.

D’autres trouvent l’équilibre entre la reconnaissance de  de cette passion chez tout être humain et le besoin de la dépasser, de la sublimer par des moyens légitimes pour ne pas déroger aux valeurs et croyances qui garantissent sa sobriété. ‘’L'autre, qu'aux grands périls tel a pu se soustraire’’.

Ainsi l’artiste face à cette faiblesse humaine a procédé de manière consciente ou non à la sublimation de ses pulsions en matérialisant même de façon pêle-mêle les émotions, ce qui lui confère une capacité de maîtrise et de contrôle que vient confirmer le chakra de la conscience de couleur violette au sommet du crâne

Cette belle œuvre dans sa globalité affirme chez l’artiste son penchant vers le beau, le fantastique tout en restant relié à l’authenticité par le biais de l’antique et à ses croyances soulignées par la représentation des totems qui constituent des repères et ancrages à ses valeurs et ses principes.

Encore une fois l’art plastique démontre son efficacité en tant qu’outil thérapeutique puissant pour recentrer la personne afin de permettre une harmonie entre les éléments de la dualité se trouvant en chacun de nous dans une rencontre saine avec soi.

Mostafa Massid

Le 12 novembre 2011

 

Témoignage de l'artiste:

Cher ami bonsoir

Sublime!

Effectivement cette toile est la plus compliquée aussi, et la plus complexe de toutes mes toiles , je me suis efforcé de creuser au fond de moi pour mettre de l’ordre dans tout les sentiments qui ont subit des interactions , bonnes et mauvaises, car j'ai recontré de nouvelles émotions, des faits incompréhensibles dans la vie, qui peuvent  bien ravir et décevoir d’une manière inattendue…en une période très compliquée de ma vie aussi. Cette toile m’as t’elle sauvé peut être ?  Je pense que oui, car  j’ai transformé des douleurs en joie en écoutant sincèrement mon âme.

D’où l’intitulé ‘’cri de joie et de douleur’’

Merci , Vous êtes un Maître de la pensée intérieure mon ami.
bonne soirée.
Amine

2 votes. Moyenne 5.00 sur 5.

Commentaires (1)

camelia
  • 1. camelia | 26/05/2013
bonsoir- franchement je me vois très prise par l'analyse psychologique des toiles..je voudrais connaitre d'avantage ce que c'est la psychologie de l'art.. je vous serai très reconnaissante si vous m'envoyez des documents définissant ce que c'est cette nouvelle spécialité de psychologie.. je vous laisse mon email. mille merci et encore une fois bravo.

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