Psychologie du pédophile

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Nous sommes des êtres de pulsions.

Nous sommes sujets au refoulement et à la sublimation de l’objet du désir interdit. Des faits de pédophilie sont quotidiennement reproduits par les médias sous des yeux parfois voyeuristes de téléspectateurs et de lecteurs. Les poursuites, les condamnations, la position de la justice, excitent  un public désemparé, face à la personnalité énigmatique des pédophiles.

On se demande qui sont ces personnes perverses et quel type de trouble présentent-elles pour oser s’attaquer aux enfants de la manière la plus vile qui soit.

2 tabous majeurs, l’amour, la perversion qui s’opposent, se complètent, se relaient, s’unissent, se nourrissent, suscitent l’étrange, le merveilleux, le morbide, l’absurde, évoquent l’ange, le démon, l’enfant, le parent, la fratrie. Une cohabitation chaotique qui démontre la complexité de l’humain. Une scène dramatique où le bien et le mal, le merveilleux et l’étrange sont interprétés par les héros de la dyade, amour, perversion.

La mythologie grecque cite Eros personnification de l’amour et Œdipe de l’inceste en tant qu’antagonistes, mais qui dépendent les uns des autres et coexistent pour être. Les analystes, à leur tour parlent, de pulsions sous l’emprise desquelles l’individu réagit dans sa quête de l’idéal du parfait, du sensationnel.

 

La pédophilie est un terme composé de deux racines grecques, paidos qui signifie enfant et de philo qui signifie amour. La pédophilie désigne, alors, une attirance sexuelle envers des enfants. En d’autres termes aimer un enfant ou faire l’amour avec un enfant. Une tendance jugée morbide qui choque, suscite la terreur, le dégoût la répulsion. Elle reste pourtant une tendance humaine et bien qu’on évite d’en parler ou que l’on évoque très peu, elle existe que ce soit dans les fantasmes conscients ou non et dont le passage à l’acte est beaucoup plus répandu qu’on ne le pense.

Si l’on se réfère à cette terminologie nous sommes tous des pédophiles puisque nous aimons les enfants, mais nous ne sommes pas tous des pervers. Le pédophile pervers aime les enfants d’une autre manière. Amour et sexualité sont confus dans son esprit de sorte que pour lui l’un ne va pas sans l’autre.

‘’La pédophilie est classée dans la catégorie des "troubles de la préférence sexuelle". Il s’agit d’un amour érotique et charnel pour des enfants n’ayant pas atteint le stade de la puberté’’. Selon les publications de la société française de psychanalyse appliquée.

Les pédophiles sont parmi nous, souvent si proches sans que l’on puisse soupçonner leurs

penchants pervers. Sous des apparences de personnes respectueuses et respectées. Elles dupent bien de parents naïfs et confiants.

Ils sont parmi nous, on les voit, on les côtoie, on entretient avec eux des relations plus ou moins proches, intimes, des fois plus intimes que l’on peut le croire sans se douter le moins du monde qu’ils sont capables de commettre le délit le plus ignoble que l’être humain puisse supporter. Il peut être un ami de la famille, un voisin, un cousin, un chauffeur, une nounou, un tonton…..

Presque tous les parents ont l’habitude de mettre en garde leur enfant contre une personne étrangère et sont loin de se douter qu’il cohabite avec le danger. D’ailleurs les études démontrent que le nombre d’abus perpétrés par des personnes proches, dépasse de loin celui d’abus commis par des personnes étrangères. C’est choquant,  surtout pour les parents qui démunis, dépassés se demandent s’il faut douter de tout le monde.

 

L’ami intime de mon père ! Chaïma raconte :

Si Omar est un ami très proche de papa, ils ne se quittaient presque pas, à la maison tout le monde l’aime bien et personne ne se doute de la perfidie dont il a pu être capable. A ce jour il est encore considéré comme l’ami dévoué de la famille.

J’ai maintenant 46 ans, cela s’est passé, il y a trente-huit ans, j’avais huit ans. Je n’en ai jamais parlé a personne. J’ai dû supporter ce poids toute seule, toutes ces années. Je vivais ou je vivotais sans me douter le moins du monde que tous mes maux, mes déboires, mes échecs étaient liés à cet acte horrible. J’ai perdu du temps, je me retrouve à cet âge, célibataire avec un devenir indéterminé, flou. C’est au cours d’une thérapie engagée sur les conseils d’une amie que j’ai découvert le lien entre le mal être, l’anorexie, l’instabilité…et l’abus dont j’ai été victime étant encore enfant.

Le démon venait régulièrement chez nous. Il était toujours souriant, gentil, affectueux, attentionné et s’amusait avec nous, mes deux frères et moi. On riait beaucoup et jouait à chaque fois qu’il nous rendait visite.

C’est Si Omar, l’homme sérieux, honnête, respectable et respectueux, pieux, il ne ratait pas une prière. Tout le monde l’aimait, les enfants l’adoraient et nul ne pouvait se douter qu’au fond de ce personnage aux apparences exemplaires, se cachait le mal, l’horreur, la perversion…

Et d’autres témoignages :

 

L’ami intime de mon père…

L’ami du voisin de mon ami…

L’instituteur a abusé de mon garçon…

Le frère de mon mari a abusé de mon fils…

J’ai eu 2 enfants de mon propre frère…

Ma mère m’a détruit….

Il est donc pratiquement  impossible d’établir un profil psychologique type du pédophile. Ils sont de tout bord sans distinction sociale et professionnelle. Néanmoins on les retrouve plus fréquemment dans des professions au contact des enfants : médecins, instituteurs, éducateurs, etc. Et ils seraient plus souvent célibataires… Bien que certains puissent avoir des vies conjugales normales, ce penchant pervers peut se déclarer plus tard dans l’existence, suite à une frustration ou une expérience désagréable. C’est la spécificité de la situation qui facilitera le passage à l’acte. Il suffira d’une première fois pour que le besoin de compulsion devienne impérieux.

Cela devient une passion, une exaltation. Le rôle de la passion est de susciter un intérêt vif à toutes sortes de choses, amour, travail, sport, jeux etc., elle est perçue comme moteur de la vie et de la motivation.

C’est  une forme d’amour à un degré plus élevé. Les objets ciblés sont nombreux et variés, enfin tout ce qui peut intéresser les individus dans la vie de tous les jours. Elle se manifeste de deux façon différentes, bénéfique, valorisante, constructive ou alors néfaste, destructive

Exemple si vous avez une passion pour la lecture, lorsque celle-ci est raisonnable, vous allez  organiser chaque chose en son temps, travail, repas, famille etc.  Et vous jouissez ainsi de votre passion sans perturber l’équilibre de  votre vie au quotidien

Par contre, si elle est démesurée, vous allez transporter l’objet de votre lecture au travail pour le lire à chaque occasion qui se présente, vous allez sauter vos repas pour lire, négliger votre famille et déstabiliser ainsi l’équilibre de votre vie avec toutes les conséquences fâcheuses que cette situation va entraîner.

La science a donné une explication clinique des causes qui la génèrent, glande, sécrétion hormonale etc. C’est vrai sur le plan organique, mais qu’est ce qui fait que ces sécrétions soient produites dans le bon ou mauvais sens ? Tout simplement parce qu’elles sont stimulées par les émotions. L’abstrait précède le concret. Les émotions sont du domaine abstrait et généralement inconscientes surtout quand il s’agit de la passion sous sa forme négative forme négative

On reprend l’exemple, dans des moments de reprise de conscience dans le cas de la passion  démesurée, vous allez tenter de faire appel à la raison. Sa présence reste éphémère parce que vous êtes complètement sous son emprise, elle ne lui laisse aucune chance. Vous êtes accro à la lecture.

Elle n’est pas responsable de cette dépendance dans la mesure où votre champ de conscience est déserté de tout ce qui peut vous ramener à la raison, peur, culpabilité, remords.

Imaginer qu’on mette un troupeau de moutons dans un près sans berger et sans garde-fou, il va circuler comme bon lui semble et brouter toute l’herbe à sa portée. Il y va sans dire que toute la responsabilité incombe au berger qui n’était pas là pour poser des limites.

Donc, la source de l’aspect morbide de la passion réside dans votre inconscient. Elle n’a fait qu’occuper un champ libre pour compenser le vide. Un vide qui révèle un manque. Une carence affective probablement dont l’explication se trouve dans votre vécu, votre histoire.

Ainsi pour la personne pédophile, elle fait de la passion un mauvais usage sous l’influence de frustrations enfouies.  Elle possède son esprit et son corps. En fait elle est sollicitée par les  désirs ardents et virulents comme des volcans en éruption qui dévastent tout ce qui se trouve dans leurs alentours. La culpabilité, les peurs les remords sont balayés. La raison s’est envolée, il n’y a plus que la passion et le besoin énorme de la satisfaire. Elle trouve un vide de part et d’autre qu’elle doit occuper.

Toutes les frustrations refoulées se sont enracinées dans l’inconscient. L’acte sexuel permis ne suscite pas en elle un désir important. C’est normal, un acte sans excès ni fantaisie. Puisque les désirs chez les enfants ont un caractère incestueux, le plaisir fervent est  lié à l’interdit dans son inconscient. Lorsque la personne pédophile voit un enfant qui a des caractéristiques de l’enfant idéal bénéficiant selon elle des attentions du parent, son parent longtemps désiré, toutes les frustrations enfouies  émergent sous la forme de désirs virulents qui abattent les peurs la culpabilité les remords, la raison s’enfuie et de toute sa puissance, la passion s’empare de son corps et son esprit. Plus rien n’existe que le besoin énorme de jouir  au point d’oublier qu’elle s’expose à de grands risques.

Les pédophiles sont des personnes d’apparences normales qui souffrent d’une sexualité déséquilibrée. Pour la plupart des cas  il s’agit de personnes ayant vécu une enfance perturbée qui a compromis leur développement psychosexuel, carence affective, sentiment de rejet, d’exclusion, abandon, maltraitance, érotisation. A l’âge adulte ils sont envahis par des pulsions incontrôlables et face à leur incapacité de les assouvir  avec d’autres adultes,  ils recherchent les proies faciles que sont bien entendu les enfants.

Quant à l’hypothèse de l'agresseur agressé, une personne abusée dans l’enfance qui devient à son tour prédatrice, les avis sont partagés. Certains spécialistes repoussent  cette idée alors que d'autres la soutienne dans 30 % des cas !

Celle-ci ne peut être prise en considération lorsque l’on constate que la plupart des mouvements anti pédophiles sont organisés par des personnes ayant été victimes d’abus à l’enfance, d’une part. D’autre part on ne saurait évaluer le nombre d’adultes ayant été victimes d’abus sexuels pendant l’enfance ; mais si on veut l’estimer il serait ahurissant. Ils sont beaucoup plus nombreux que l’on puisse l’imaginer.

Par ailleurs une très grande majorité des personnes ayant des fantasmes pédophiles n'en parlent jamais. Bien que l'humanisation et la reconnaissance de la sexualité passe par l’expression. Les fantasmes pédophiles sont beaucoup plus fréquents que les passages à l'acte qui sont le plus souvent des compensations à des situations de crise au sein du couple, de frustration, etc. Beaucoup d'abus sexuels  ne sont pas commis  par des pédophiles confirmés mais par des personnes qui ont une sexualité mal affirmée. Ces personnes immatures et égocentriques peuvent exceptionnellement se laisser envahir par leurs pulsions et commettre un abus. En outre, beaucoup de  pédophiles, ne passent jamais à l'acte grâce à une morale et une éducation familiale. A partir de ce constat on peut comprendre alors que presque personne n’ait été ou ne soit à l’abri d’abus pouvant aller de simples attouchements au passage à l’acte.

L’intention n’est pas d’installer une psychose face à l’ampleur de la problématique pédophile, il s’agit de s’attaquer aux causes et non pas aux symptômes par une éducation à même d’amener l’enfant à se protéger de lui-même des nombreux prédateurs.

Que de non-dits, que de tabous gravitent autour de la sexualité, les parents n’osent pas et n’ont pas appris à aborder aisément ce sujet. Ils ne savent pas non plus que ce soit, en parlant que beaucoup de tentatives d’abus auraient échouées.

Ce silence destructeur, combien de personnes à travers le monde en ont-elles payé le prix cher ? Pourquoi ? Parce qu’ils n’ont pas osé parler, la peur les a empêcher de dénoncer, de s’exprimer, parce qu’il ne leur pas été permis d’aborder ce sujet, c’est honteux, c’est sale ! Et les bouches ont été à jamais cousues. Encore une fois brisons le silence !

Le 12mars 2012

Mostafa Massid

 

 

 

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